mercredi 16 décembre 2015

Le pic de Courmettes

Dimanche dernier j'ai fait cette balade super pentue qui m'a été suggérée par un de mes collègues sportif de l’extrême (sans exagération ). Le parcours qu'il considérait comme très faisable  se terminait par un dénivelé de 200m sur seulement 700m de distance, rien que ça. Parfois je me demande si mes collègues me veulent du bien ou du mal. J'ai préféré me concocter un plan B pour attaquer ce pic par un versant plus aimable.





J'ai pris le temps de faire cette balade pour me ressourcer et m’oxygéner un peu. Ça m'est maintenant indispensable pour mieux affronter les préoccupations quotidiennes, le boulot, la famille.

A l'approche de ce Noël je me sens un peu responsable d'avoir isolé Maman du reste de la famille en la ramenant ici. Cette année presque personne ne viendra nous voir et Maman semble entretenir le fantasme qu'elle aura quand même de la visite. J'aurais peut-être du payer les billets d'avions de quelques neveux et nièces pour qu'ils viennent ? c'est dans mes moyens mais me semble un drôle de marché ...



Avant même d'arriver au sentier que j'avais repéré, il est clairement apparu que l’intérêt de la balade ne serait pas la vue sur mer, trop de brume encore ce jour là. Ça me change quand même de la vue sur les tours de La Défense que j'avais quand j'habitais en région parisienne.


A l'approche du parcours, ces panneaux m’inquiètent un peu , qui mettent en garde contre les pastous, ces chiens de berger qui sont élevés avec le troupeau et sont capables de risquer leur vie pour protéger les leurs.


Arrivé au départ du sentier je suis resté con quelques minutes devant ce petit portillon fermé.
En tant que citadin bien élevé je suis réticent à la transgression (j'en devine qui sourient ;)


De plus cette mystérieuse signalétique  n'était pas pour me rassurer, en particulier ce panonceau orange. 
 
Finalement dans un incroyable dépassement de moi même, j'ai franchi le portillon simplement maintenu fermé par un caillou.
Pour ne pas créer un suspens inutile: je n'aurai finalement croisé aucune bête d'aucune sorte  ce jour là, hormis quelques trailers.



Comme autre sortie de l'extrême, cette semaine j'ai emmené Maman à la superette d'à coté, en fauteuil roulant, et c'est réellement éprouvant. Déja, le fauteuil ne rentre pas dans l’ascenseur quand il est déplié. Il faut donc faire quelques aller retour pour emmener et Maman et son sac à main et sa canne et son fauteuil jusqu'au palier. A chaque pas ou presque maman s'écrie d'un ton plaintif "j'ai peur de tomber !" et même si c'est vrai qu'elle n'est pas très stable sur ses jambes c'est devenu une vraie psychose chez elle. 
D'ailleurs un fois rendue en bas de l'immeuble et assise dans son fauteuil, elle craindra encore de tomber , s'en plaindra à chaque cahot ou franchissement de bordure de trottoir, que je prend pourtant soin d'effectuer avec la plus grande précaution.


Un peu plus loin je devrais faire preuve d'un nouveau dépassement de moi même face à cette clôture .
j'en examinerai soigneusement le câblage électrique avant de la franchir.


Heureusement la balade me permettra aussi de bien belles découverte comme cet arbre qui semble sortir de la roche. Je suppose qu'il a  poussé dans une anfractuosité et grossi ensuite.



Ici on prend conscience de la petitesse des constructions de l'homme face à la grandeur des montagnes. Le village de Gourdon qui me semblait si haut et fier quand j'y suis monté à vélo, me semble aujourd'hui bien bas et vulnérable.



Il est temps d'un belle macro- photo  .... ou plutôt d'une bonne pause dans mon ascension


 Je prendrai également le temps de narguer le baou de St Jeannet au loin. Il n'est finalement qu'a 800m d'altitude et ici j'ai du dépasser les 1000m.



Même le court parcours pour aller à la superette est laborieux. Il y a toujours une fuc*ing pédale de ce fauteuil qui se déboite, le sac à main qui glisse, la canne qui tombe et maman qui gémit.
Le passage obligé par le parking de la supérette m'angoisse toujours un peu, les piétons sont livrés à eux même entre des voitures nerveuses qui se garent, se dégarent en manœuvres brusques et personne ne s'émeut du passage d'un fauteuil roulant. Une fois à l’intérieur commence la revue des rayons ou je prend quand même soin que maman soit à portée des produits, qu'elle puisse les manipuler un peu et faire son choix. Quand on n'est plus en mesure de faire ses courses soi même, une superette est un vrai pays de cocagne. Au rayon des boites de chocolat commence un drôle de manège. Maman prétend acheter une boite pour Céline, une boite pour Noémie ..."mais maman, Noémie ne viendra pas, seule Céline a dit qu'elle viendrait" ... une boite pour Maxime et Caroline "mais maman, seule Céline viendra ..."  une boite pour Michel " ....mais ...maman ...".
Ça me fend le coeur ...
Heureusement le cabas à provision que j'ai accroché derrière le fauteuil roulant se remplit aussi d'autres choses qui lui font plaisir, un morceau de potiron, des côtes d'agneau, un bouteille de rosé, ...



Dans ma montée vers le ciel je serai rattrapé par les nuages



 

 
L'ultime accès au sommet est clairement balisé par cette bordure de pierre, surement indispensable  quand on est dans le brouillard total. La végétation se fait rare.




Une fois les courses faites, le retour à la maison sera agrementé du poids d'un bon cabas de courses
accroché derrière le fauteuil. J'ai mal anticipé le transfert dans l’ascenseur: il m'a fallu en maintenir la porte ouverte d'une main et le fauteuil de l'autre  pour point qu'il ne bascule sous le poids du cabas une fois maman debout. Et la voila qui reste immobile et répète encore "Je vais tomber ! je ne peux pas marcher !" pendant que je reste arcbouté entre l’ascenseur et le fauteuil. J'en ai presque perdu mon sang-froid "Maman ! Contiens toi et avance !"  , elle gémit encore  "Ne me laisse pas seule dans l’ascenseur !" ...comme si j'avais jamais ? ..mais bref.



A l'arrivée au sommet je découvre un paysage qui valait bien cet effort. Ce n'est pas le grand canyon mais presque.




Les gorges du Loup sont magnifiques. Les nuages s'y engouffrent et feignent de l'envahir mais se dissipent d'eux même.


Le format cinéma n'est pas au gout de tout le monde, mais j'aime bien.

Au point culminant du pic, 1 250 m,  une sorte de refuge de pierre permet de s'abriter du vent dont on devine qu'il peut être glacial par ici.

Mais j’ai bien évidemment préféré profiter de la vue en grignotant quelques biscuits




En redescendant , une variante du parcours m'a fait croiser cette ruine dont certainement un bon photographe aurait tiré une jolie photo













Revenu à la maison maman ira vite se caler dans son fauteuil vert, son refuge à elle. Cette sortie l'a un peu secouée dit-elle, prétexte à quémander un temesta.
Après l'effort, le réconfort.
Maman est une vraie coureuse de trail dans son genre.




6 commentaires:

  1. Joli parallèle entre les efforts qui nous vident, nous plombent, et ceux qui nous remplissent, nous allègent...

    Bravo à ta maman pour cette sortie (et à toi pour l'avoir rendue possible)!
    Et je me répète mais je suis toujours aussi contente de savoir que tu te fais ces balades dans l'arrière-pays! Tu nous fais découvrir de beaux endroits...

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    1. C'est amusant: d'un coté plombé et vidé, de l'autre rempli et allégé ^^
      Comme quoi les deux participent surement à mon édification :)

      sinon on attend de découvrir tes beaux endroits à toi.

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    2. Oui, il doit s'agir d'hélium. ^^
      Ils participent à notre édification à tous je pense. :)

      Et oui, j'avais d'autres trucs à terminer avant mais là c'est plus très loin sur ma liste!

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  2. ce qui est chouette c'est de pouvoir se caler ce genre de balade dans une demi-journée. Celle ci est à 45mn de bagnole de chez moi.

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  3. Alors je ne sais si je dois commenter la beauté des payages! J'adore l'arbre qui a poussé dans la roche!
    Ou la drole de sortie avec ta maman! Ne m'en veux pas mais j'ai imaginé une sorte de film comique avec une tatie Danielle (gentille). Je sais bien que c'est pas drôle mais tu sais bien on fait rire en tournant en dérision des situations dramatiques...
    La petite vidéo des nuages est géniale. Je comprends qu'on fasse des efforts pour voir ça! :-)
    Le panneau orange n'indique pas qu'on peut voir par là des petits renards?
    Bises

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    1. mieux vaut en rire oui, y'a pas de soucis :)
      Moi avec tes déambulations à Bx je te verrais bien dans une comédie musicale genre "Les demoiselles de Rochefort" ou "les parapluies de Cherbourg" ;)

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